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Nous remercions Bourail Tourisme pour cette présentation historique de Bourail
Les tribus de Bourail
« En 1850, les tribus kanak installées dans la région de Bourail sont nombreuses et dispersées de Table Unio à la Daoui. Les kanak vivent agglomérés par villages – dites tribus plus ou moins importantes. Deux peuples vivent dans le bassin – les Oröwe (ceux de la montagne) et les Nekou (ceux du bord de mer). Non loin du confluent de la Courie, un endroit sert de marché d'échange entre mélanésiens du bord de mer et ceux de la montagne. Ce marché s'appelle "piré". C'est un lieu tabou. Il en existe un autre au lieu dit "Néméara", non loin de la chapelle. La vie est rythmée par les guerres, les coutumes, les plantations, la pêche, la chasse, les fêtes, les échanges, les mariages … » (Propos de Raymond Aï, petit chef de Pothé).
Bourail s’écrit en langue ajië Bu Rhai et signifie la queue du lézard. Il y a aujourd’hui 6 tribus à Bourail : Ny, Pothé, Azareu et Buirou situées en bord de chaîne, Gouaro en bord de mer et Oua Oué dans la vallée de la Boghen. Ces tribus dépendent de l’aire coutumière Ajië-Arho.
La région de Bourail est riche d’endroits tabous (lieux de grande importance coutumière ou sociale dans la culture kanak) comme Déva, les grottes de la région de Boghen, Néméara, la Baie des Tortues, la Roche Percée et le bonhomme… Il existe de nombreux contes et légendes racontés par les anciens. On dit qu’au pied du Bonhomme de la Roche Percée existe un tourbillon appelé la marmite. Les esprits des morts s’y jettent pour rejoindre le village des morts situé sous l’eau. Le bonhomme serait le chef de cette tribu habitée par les esprits des anciens.
Au temps du bagne…
En 1867, l’administration pénitentiaire décide de faire de Bourail un centre pénitentiaire. Des condamnés aux travaux forcés viennent construire les bâtiments nécessaires à l’administration. Aujourd’hui, il existe encore de nombreux bâtiments qui témoignent de l’époque où Bourail était un centre pénitentiaire. Le Musée de Bourail organise des visites guidées de ces bâtiments. Certains sont accessibles à tous. Présentation.
- Le phare de Gouaro, situé au dessus du belvédère de Bourail. L’accès par la mer a longtemps été le seul moyen possible pour arriver au centre pénitencier. Un phare a donc été construit. Les feux facilitaient l’entrée dans la baie. Le phare possède un accès extérieur à la lanterne et un système de récupération des eaux de pluie. La vue y est très belle.
- La chapelle et la ferme-école de Néméara, au début de la transversale qui va à Houailou. En 1877, l’administration pénitentiaire institue une ferme-école pour les fils des concessionnaires afin de leur enseigner les rudiments de l’agriculture. L’enseignement est par la suite confié aux frères maristes qui adaptent un bâtiment agricole en chapelle. Les bâtiments accueillent aujourd’hui un foyer de l’aide à l’enfance.
- Le magasin central (actuellement le Musée de Bourail)
Ce bâtiment construit en 1870 par l’administration pénitentiaire permet d’entreposer les produits qui viennent de Nouméa par bateau, mais aussi les produits agricoles des concessions. Vendu à des particuliers en 1910, il va abriter différentes entreprises (automobile, fromagerie, service vétérinaire). Il est classé monument historique en 1980 et devient le musée en 1986.
… et des concessions agricoles
Vers 1870, une ferme pénitentiaire est créée pour les condamnés qui souhaitent devenir concessionnaires. L’administration divise Bourail en lots qu’elle attribue aux libérés et aux condamnés qui font preuve de bonne conduite. Bourail est aujourd’hui la première commune agricole de Nouvelle Calédonie avec plus de 400 exploitations agricoles. En vous promenant, vous découvrirez l’élevage bovin omniprésent ou encore les grandes cultures comme les squashs, le maïs et la pomme de terre. La Foire Agricole et Artisanale de Bourail qui se déroule chaque année autour du week-end du 15 août est la vitrine du monde agricole et rural calédonien.
La présence arabe à Bourail
Le cimetière arabe de Nessadiou et le centre culturel appelé aussi la mosquée, témoignent de l’arrivée de près de 2 000 arabes déportés de droit commun entre 1864 et 1897 en Nouvelle Calédonie. Nombre d’entre eux ont obtenu des concessions à Nessadiou et Boghen et s’y installent. Le cimetière arabe de Nessadiou est établi en 1897, sur un terrain offert par M. Miloud, proche de la rivière Nessadiou et de la tombe du marabout Sidi Moulay. Le centre culturel situé à côté du cimetière fait office de lieu de culte pour les musulmans de la région.
La présence néo zélandaise à Bourail
Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle Calédonie entre dans le camp des Alliés, aux côtés de l’Australie et de la Nouvelle Zélande. L’Australie vient rapidement en aide à la Nouvelle Calédonie et au Bataillon du Pacifique qui ira se battre sur le front méditerranéen. En 1941, débarque le premier contingent australien, qui sera suivi des américains en mars 1942. De son côté, la Nouvelle Zélande envoie en Nouvelle Calédonie la troisième division le 11 novembre 1942. Celle-ci s’installe à Bourail qui devient le principal camp néo zélandais. Dans les vallées, sont installés un hôpital de 600 lits à Boghen, un centre de transmission à Néméara, un dépôt d’intendance à Téné, une station d’essence à Bacouya, une boulangerie à Nandaï et des camps où vivent en permanence deux à trois mille hommes. En avril 1943, avec l’arrivée de 2 bataillons en provenance de Norfolk et de Tonga, l’effectif des forces néo zélandaises avoisine les 18 000 personnes. …
Le cimetière néo-zélandais, situé au sud de Bourail en bord de RT1 entre l’embranchement de Boghen et le cimetière des arabes se visite librement. Lors des opérations contre les japonais dans le Pacifique Sud, les forces néo zélandaises ont enregistré de nombreuses pertes. En janvier 1943, est créé à Bourail un cimetière pour ces soldats, sur un terrain généreusement offert par Charles Goussard. 242 soldats sont enterrés à Nessadiou dans le cimetière néo zélandais et 449 noms sont inscrits sur un mémorial érigé en mémoire de ceux qui sont tombés au combat. La mémoire des disparus se commémore lors de l’Anzac Day, chaque année, le 25 avril.
Les lieux de culte à découvrir
L’Eglise du Sacré Cœur est située au cœur du village. Achevée en 1878, l’église était alors propriété de l’administration pénitentiaire. Elle a souvent été endommagée par les cyclones. Vous pouvez aussi visiter l’Eglise d’Azareu, la Chapelle de Gouaro, la Chapelle Notre Dame du Bon Secours de Oua Oué ou encore le Temple de Pothé.
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